La taverne de Maitre Kanter

J'aimerai mourir malheureux

J'en serai heureux

Journal

le 06/11/2007 à 00h00

Etudiant en informatique démotivé, écrivain raté, philosophe refoulé, alcoolique notoire, drogué de base, égoïste romantique, rebelle sans cause, paradoxe de la vie, jeune sans avenir. Apres une enfance ordinaire, je mène une vie… Ordinaire. Un journal, pour quoi faire ? Faire semblant que ma vie est passionnante et que j’ai des choses intéressantes à dire.


Lundi

Le présent, c’est le futur au passé. Pour commencer je n’ai rien à dire. Encore moins lorsque je n’ai pas bu.



Mardi

Je suis un poisson rouge dans un bocal, je tourne en rond, observe et suis incapable d’agir. Le monde qui m’entoure est plein de chats près à bondir, me grignoter jusqu'à la moelle, mais comme l’a dit le grand philosophe français, Florent Pagny, si il y a bien une chose qu’ils n’auront pas, c’est ma liberté de penser. Contrairement à ce cher Winston.



Mercredi

Les films de Charles Chaplin sont des chefs d’œuvres immortels,  le prochain Steven Seagal est ringard avant sa sortie.


Jeudi

Il y a des jours avec et des soirs sans. Les soirs sans, c’est lorsqu’on a beau nous appeler pour nous dire «  Yo, viens ce soir, on va se mettre une torche à la vodka, en plus y’aura d’la meuf » et que l’on répond «  Ha mais désolé, j’ai déjà une soirée de prévus », puis qu’on reste seul comme un con chez soi, à écouter creep de Radiohead parce que ça enfonce le clou de la déprime. En prime il n’y a rien de potable à la télé, c’est à ce moment précis, devant un reportage sur la reproduction des cerfs dans la foret de Chambord qu’on se dit qu’on est le premier des abrutis.



Vendredi


Apres une nuit d’insomnie, c’est la grâce mat’. Je ne suis vraiment pas du matin, je peux même affirmé que je hais le matin. Le matin c’est voir toutes les tronches de cake, qu’on déjà vu la veille. Dans les transport en communs, c’est la même expression qui se dessine chaque matin sur leurs visages, celle qui calcule le nombre de jours avant les vacances, se demande si il y a encore steak haché au frigo, s’inquiète de son gamin qui avait l’air enrhumé au réveil. Les visages du soirs ne sont pas pour autant plus gaie, mais trop fatigué pour penser au steak haché, seuls quelques courageux sont plongés dans une grille de sudoku, de la rubrique jeux de télé star. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, le passé à ceux qui ne se lèvent plus, en attendant le présent appartient à ceux qui se couchent tard.



Samedi

La plus grosse insulte que l’on puisse me faire c’est que l’on me dise que je suis « comme les autres », non pas que je cultive une différence, mais disons simplement que vous êtes  tous des cons et je n’aimerai pas vous ressembler.



Dimanche 

Hier je suis allé en boite, c’est dingue ce phénomène tecktonik, mais pas moyen je n’y arrive pas, et eux sont là à se tortiller et te foutre des coups de coude sur cette musique qui fait boum boum boum. Tous des clones, même tee-shirt, même jean, et même coiffure. Heureusement pour les ringards il y avait une salle « années 80 » à grand coup de Émile et Image et de l’aventurier d’Indochine. Par chance la soirée a terminé par une fellation dans les toilettes. Elle était charmante mais conne comme un balai. J’ai oublié son nom, d’ailleurs pas sur qu’elle me l’est dit.



Lundi

Mourir malheureux est mon souhait le plus cher (le seul en fait), quoi de pire que de mourir heureux, en pleine grâce, le sourire aux lèvres, des fleurs plein la tête. Malheureux au moins, on n’y perd pas grand-chose. Mieux vaut mourir pendu pendant une grosse déprime, que dans un accident de voiture le jour de son mariage.

Mardi

Je ne me suis pas levé, ou alors j’ai tout oublié.



Mercredi  

George Perec a écrit tout un livre sans la lettre ‘e’, j’ai décidé de faire cette phrase sans la lettre ‘w’. Parie réussi.



Jeudi


Demain super cagnotte de quatre-vingts cinq millions d’euros à Euro million. Si je gagne, j’achèterai une corde plus solide.



Vendredi

En crise existentielle.



Samedi



Je déteste mon ordinateur, j’ai l’impression que c’est lui qui m’observe et non moi. Ce sont surtout ces messages d’erreur auxquels je ne comprends rien qui ont le don de m’énerver ces ralentissements où pendant 2 minutes on ne peu absolument rien faire. En cours on apprend à régler ces problèmes, moi je suis resté à la méthode coup de pied au moindre bugue.



Dimanche


Ce soir je suis arrivé à une conclusion : être sincère avec soi même ne signifie pas obligatoirement l’être avec les autres. C’est qu’une question de point de vue.



Lundi



Nous sommes dans la société post-démocratique, Le neo-totalitarisme ou « dictature par le marché » est de plus en plus présent, caché sous le nom innocent de libéralisme. Ce n’est pas pour rien que Adam Smith a appelé le marché la « main invisible ». La main est invisible, mais les ficelles lui donnant vie sont là et les protagonistes oligarques existent bien. Je suis un produit non finit de cette société. Victime, mais pas dupe. La société m’a engendré comme je suis, comme 6 autres milliard d’humains ont été engendrés tous uniques. L’unique point commun entre chaque habitant de cette terre, c’est qu’on a du s’y adapté, on est tous une part de la société, un de ses reflets, chacun une partie du mécanisme.



Mardi



Pour l’environnement, on nous a demandé d’éteindre les lumières pendant 5 minutes. Mais pas la télé. On n’a pas empêché les voitures de rouler, les avions de voler, les entreprises de fonctionner, les lampadaires d’éclairer, les ordinateurs de tourner, et moi de critiquer.


Mercredi


Cher employés, Je m’adresse à vous en tant que président de cette société, au vue des résultats des derniers mois, j’ai décidé d’abolir toute pause, punir tout retard même de 5min.Je ne veux plus de maternités, d’accidents de travail. Ensemble, enfin vous, allez exploser le chiffre d’affaire. Vos états d’âmes, vos vies privées ne me regardent pas, je veux du résultat! N’oubliez pas que à mes yeux, vous n’êtes pas des êtres humains, mais de simples facteurs de productions.


Jeudi


Musicalement je n’ai pas franchi l’an 2000. Téléphone faisaient de la musique pour le plaisir parce qu’ils aimaient ça. Et ils le faisaient bien. Aujourd’hui à la nouvelle popstarac’ on cherche à produire des stars et non des artistes (tout est dans les titres de ces émissions). J’ai longtemps cru que pour un artiste, vendre 500 albums ou 300 000 n’importait peu, que l’essentiel était d’y prendre plaisir. J’ai eu peur que ce soit vrai!


Vendredi

J’ai envie de détruire quelque chose de beau. Rajouter une moustache à la Mona Lisa, construire une usine à Etretat, provoquer une marée noire sur les cotes bretonnes, Raser les cheveux de Scarlett Johanson. Les belles choses, ne tiennent à rien.



Samedi



A trop vouloir être libre, on se renferme sur soi-même.



Dimanche


Lorsque je me pavane dans Paris, Rue Rivoli ou à Saint Michel, je rêve de campagnes, collines verdoyantes, d’aire pure, de solitude. A la campagne, seul, je rêve de soirées dans un pub, de concerts de rock, de pollution. Je n’ai jamais su ce que je voulais.



Lundi


-Tu m’aimes ?

-Oui beaucoup.

-Beaucoup ce n’est pas assez !

Personne n’est sincère en amour. Un homme sincère, serait celui qui dit. «  Chérie, je t’aimes. Et si tu m’aimes aussi fort que je t’aime, tu me laisseras faire l’amour avec d’autres femmes que toi. Je veux juste te prouver que c’est avec toi que je m’épanouie le plus. Je veux te comparer, me taper la fille de la voisine. Et la voisine avec. Je te laisserai également faire l’amour avec d’autres hommes. Si te voir baiser par d’autres vieux pervers sadiques que moi, me fait mal, horriblement mal, je saurai que tu es La femme. ».


Mardi


J’aimerai être ton pacemaker, l’aspirine qui guérit tes migraines, le sirop qui efface tes maux de gorges, le mouchoir qui essuie tes larmes, cette couverture qui te tient chaud. Avant ça, promet moi une fellation.



Mercredi


Les hommes désirent tous la même chose : Une femme qui leurs appartient. A condition de ne pas leurs appartenir.



Jeudi



A 22ans je suis déjà vieux, ringard, cynique, menteur, obsédé, têtu. Bref je suis enfin un homme !



Vendredi


Rêver, c’est une nostalgie du futur, une frustration sur ce qu’on ne fera pas, ce qu’on ne sera pas. Cela fait bien longtemps que je rêve d’être heureux...



Samedi



Une clope, deux clopes, trois clopes… Un paquet, Deux paquet. Tous les fumeurs, (moi compris) se justifient de fumer avec  « mais cela me détend ! ». Cela détend uniquement parce que cela fait deux heures qu’on ne s’est pas injecté une dose de nicotine. Les non fumeurs n’ont nullement besoin de se détendre.


Dimanche

Allez viens, jt’emmène au vent, allez viens je t’emmène au dessus des gens.

 ....

 




 




 




 




 


Je suis un nostalgique chronique

le 06/11/2007 à 00h00

J’ai longuement hésité avant d’entreprendre ce récit. Raconter sa vie, écrire ses pensées n’a rien de facile. Pourquoi ? Pour qui ? Je débute aujourd’hui, poussé par une nécessité indéfinie, qui me poursuivait depuis déjà fort longtemps. Persuadé que l’écriture m’aidera à comprendre certaine choses, à ne pas en oublier d’autres,  ainsi qu’à me libérer de certaines pensées. Ces lignes ne seront peut être jamais lues mais qu’importe, mon unique souhait est de me libérer de cette envie de mettre sur papier une partie de mon esprit. Je me suis longuement interrogé sur l’utilité d’écrire sur soi. Rousseau invoquait le besoin de se confesser, du désir d’auto-justification, mais le besoin de se connaître et d’une quête de transparence me semblent les termes justes. Ecrire sur soi, c’est écrire pour soi.

Aujourd’hui fut une journée des plus banale, pourtant ce soir j’ai décidé  d’entreprendre finalement ce qui va suivre. Je m’interroge sur « par où commencer ? », l’enfance ordinaire que j’ai pu avoir ?

Je suis né le 28 novembre 1985, ce mois de novembre fut parait-il extrêmement froid. C’est donc en plein milieu d’une nuit très froide que j’ai décidé de me manifester. 4h30 à la maternité de Gonesse en région parisienne, il aura fallu que dès ma naissance j’emmerde mes parents. En respirant trop tôt, sûrement trop impatient (ou trop con) de découvrir le monde, je me suis noyé dans le liquide amniotique. Mon arrivée sur cette terre fut plutôt douloureuse et remarquée. Ma mère était alors âgée de vingt deux ans, mon père trente, j’étais leur premier enfant. Evidemment il ne subsiste aucun souvenir de mes premières années, comme le poisson rouge, la mémoire du très jeune enfant est éphémère, l’amnésie infantile selon les termes de Freud. C’est avec l’apprentissage du langage, donc de la narration que la mémoire devient possible. Pourtant, mon premier souvenir intervient alors que je n’avais que 2ans. C’était lors d’un voyage en Italie avec mes parents, il me reste une image, celle d’un spectacle de dauphins, où j’étais placé si près qu’ils m’avaient arrosé lors d’un saut. Souvenir anodin, pourtant c’est cet événement que j’ai retenu. J’espère seulement qu’il s’agit réellement de mon souvenir, car il est probable qu’il me fut rapporté de nombreuse fois et que je me suis persuadé qu’il s’agissait d’un véritable souvenir. C’est sûrement l'histoire que je raconte depuis le plus longtemps, lorsqu'il s'agit d'évoquer un premier souvenir.

J’essaie tant bien que mal de faire ressurgir des souvenirs, des images, des sons. Voir si le cerveau est si puissant, qu’il peut remonter le temps. Je ne pourrais trouver la chronologie des souvenirs suivants. Je possède quelques souvenirs de maternelle, je me souviens de ma maîtresse Mme Giraud, ainsi que quelques uns de mes camarades. Je me souviens exactement de la disposition de la classe. A gauche de la porte d’entrée figurait des étiquettes avec chacun de nos prenons, le premier geste en arrivant  était de prendre son étiquette et de la coller sur un autre tableau pour signaler notre présence. A droite figurait le tableau, devant lequel trois bancs étaient disposés en U. et en face, des tables sur lesquels je me souviens avoir fait de la pâte à modeler. C’est en me remémorant ces tables qu’un souvenir me revient, celui d’une chute sur l’une d’entre elle, qui m’a causée une cicatrice en dessous de l’œil, encore perceptible aujourd’hui. En réalité je ne me souviens pas vraiment de cette chute. Ce qui m’a marqué pendant cette période ce sont des souvenirs avec d’autres enfants, Comme le  bonhomme de neige que l’on avait fait et qui je me rappel était plus grand que nous. Il nous paraissait gigantesque à l’époque. Mais du haut de mes 1m20 tout paraissait immense. Il y a également le carreau de l’école que j’avais cassé, et pour lequel je ne m’étais jamais dénoncé. Ce ne sont que des bribes, qui se mélangent dans mon esprit, impossible à dater, avais-je trois ans ? Ou quatre ans ? Je crains en avoir oublié un certain nombre. Je me souviens d’une de mes premières dents perdues, c’était à la cantine, ce qui m’a marqué c’est le fait que j’avais pu rentré plus tôt chez moi. De même  pour la chute, c’est la conséquence et non le fait dont je me souviens le plus.


De deux à seize ans, nous avons vécu dans un pavillon de la région parisienne, à Marly la Ville. C’était un de ces lotissements où toutes les maisons se ressemblaient, la notre était accolé seulement d’un coté, ce qui permettait de passer du petit jardinet qui se situais au devant au jardin à l’arrière en passant sur le coté. Dans le jardin il y avait plusieurs arbres, tous arbres fruitiers, deux cerisiers, deux pruniers et un pommier. Derrière ainsi que sur le coté, il y avait des chemins séparant des autres habitations. Chaque rue était appelée hameau, celui où j’ai vécu s’appelait le hameau des cartouchières. Entre chaque hameau il y avait de petits parcs, des chemins, l’ensemble était très verdoyant. Marly la Ville était une de ces villes de banlieue qui avait gardé tout le charme d’une ville de campagne. Ma chambre était située à l’étage, au devant du pavillon. Ma fenêtre donnait ainsi une vue sur le jardinet et la rue, je pouvais à peine distinguer les autres maisons, les arbres étaient si nombreux et grands. C’est dans ce quartier paisible que j’ai évolué pendant près de quinze années.

Je me rappel de mes voisins, étant jeune, ils m’adoraient mais n’appréciaient pas particulièrement mes parents. C’était des retraités curieux et donneur de leçon. C’est le genre de personne qui, ayant vécu plus, pense forcement en connaître plus et surtout mieux, logique infondée.

Cette vie, dans cette chambre, cette maison, ce quartier, c’est toute mon enfance. Cette enfance dont finalement je ne connais pas grand chose et qui est pourtant la base sur laquel j’ai grandi. En mathématique, l’enfance serait l’ordonné à l’origine, qui détermine l’axe, celui de la vie.  


Il y avait mes amis S. et O., l’école primaire s’est faite avec eux. Je me souviens très bien du jour où nous sommes devenu amis. Ce jour là j’étais dans le jardin, et eux étaient dans le petit parc derrière chez nous, je ne savais pas qu’ils habitaient le hameau d’en face, je les ai entendu et suis allé les rejoindre, ma mère avait miraculeusement accepté que j’aille au delà de notre hameau. Je ne me souviens pas des événements exacts, mais je suis certain que cela s’est produit ainsi. Je ne parviens pas à me souvenir de nos occupations de cette époque hormis les pièges que l’on confectionnait, dans le but que des passants innocents tombent dedans. Si jeunes et déjà poussé à faire des aberrations. Je me demande aujourd’hui le but de ces divertissements. Ils étaient inoffensifs, même ridicules nos pièges, un trou d’une trentaine de centimètres, quelque orties, et un carton que l’on recouvrait de terre pour camoufler le tout. Aucun d’eux n’aura marché. C’est dans la nature humaine de faire du mal aux autres, dès le plus jeune age l’enfant a un désire de dominer, d’avoir un pouvoir sur d’autres enfants. Ecraser l’autre pour se sentir plus fort. C’est à l’age adulte que cela prend toute son importance, car l’enfant lui, est quasi « inoffensif » des lors que l’homme prend mesure de ses capacités d’influence, et de domination c’est l’injustice, la haine, la peur qui fait fureur. Demandez donc à nos dirigeants !

Il n’y a pas à redire, l’enfance, c’était le «bon vieux temps ». On s’amuse d’un rien, on se préoccupe peu de notre avenir, on a bien des rêves certes, mais des rêves d’enfants. Je ne souhaitais pas devenir policier, pompier ou pilote de chasse, nan je voulais être chef cuisinier ou météorologue. Aujourd’hui je sais que cuisinier ça ne gagne pas beaucoup, et météorologue faut être balaise en mathématiques. En fait je n’ai plus de rêve. Cela diminue les remords, regrets, ou autres frustrations pour l’avenir.

J’aime me rappeler du passé, pourtant aujourd’hui on ne vit que pour l’avenir, le présent n’existe plus. Pendant notre scolarité nous travaillons pour nous en vue d’un avenir professionnel,  pendant notre vie professionnel on travail pour se faire une retraite, et si on a la chance d’atteindre cette retraite, on vieillit, en attendant la faucheuse.

Je me souviens, que pendant les années de scolarité de primaire, j’étais un élève très dissipé. Additionné ce sont des milliers de lignes que j’ai du gratter. « Je ne dois pas bavarder avec mes camarades en classes ». Je n’étais pas insolent, mais bavard, impossible de rester en place. L’école n’a jamais été un lieu plaisant.



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